BUTŌ
Danse créée vers 1960 pour rompre avec une tradition et inscrite dans un contexte socio-politique particulier de cette époque, cette rupture marque le début d’un art lent et minimaliste.
Lors de la représentation à laquelle j’ai pu assister, l’artiste, Maki WATANABE, revêtait juste un chemisier clair ample et fin, deux artifices colorés, une rose rouge à la main et deux fleurs jaune dans les cheveux contrastaient avec son corps recouvert de blanc, sa chevelure noire accentuait ses traits du visage pastels et gommés par cette blancheur. La violoncelliste Fiona FEELAY, habillée de noir tenait son instrument. La pièce blanche de petite taille à poutres apparentes accueillait un public serré et disposé en L. L’atmosphère était baignée par une faible lumière tamisée dispensée par deux petites lampes.
Une porte s’ouvre au milieu des discussions, Maki s’installe dans le public devenu silencieux, se meut lentement jusqu’au centre de la pièce, le violoncelle commence ses premières notes après un moment de silence. C’est sur des sonorités stridentes, fluides, hachée, répétitives que la danse se poursuit. Si notre regard passe de l’une à l’autre, on s’aperçoit qu’un dialogue se crée, les mouvements du corps appellent un tempo et les sonorités marquent des expressions sur cette silhouette. On a le sentiment que la violoncelliste et la danseuse évacuent une douleur commune, harmonieuse. Pourtant les lenteurs répétées et les notes étirées appellent au calme, au repli sur soi, à une introspection. Les accélérations, les arrêts, les vas et viens à chaque extrémité de la salle marquent une agitation semblable aux mouvements des vagues pour finalement se figer au pieds du public pour marquer un calme revenu. Silence. Fin de la performance.
J’espère à travers cette série de photos vous transmettre les émotions, les mouvements, les sensations que j’ai pu ressentir en découvrant cette performance artistique, qui a été pour moi une découverte.
